Contexte historique

L’Alliance Française est présente à Madagascar depuis plus de cent ans tout juste après la création de l’Alliance Française de l’île Maurice. En effet, la Société des Colons Français de Madagascar fit appel à la section mauricienne de l’Alliance en 1887 afin de créer une ou plusieurs écoles de Langue Française à Madagascar.
Elle a depuis connu une profonde transformation, et d’établissement scolaire, elle est devenue aujourd’hui un centre d’enseignement du français, un lieu privilégié pour la lecture publique, un réseau de médiathèques en plein processus de modernisation, et enfin un lieu d’échange et de rencontre entre les cultures malgache et francophones.

De la première époque, il reste un témoin, c’est l’Alliance Française d’Antsahabe à Tananarive, qui est une école scolarisant les jeunes malgaches dans un double cursus malgache et français, du primaire au baccalauréat, et qui a toujours tenu à garder le statut et l’esprit de l’Alliance Française.

Mais si l’Alliance Française de Tananarive a été officiellement fondée en 1947, la plupart des Alliances Françaises à Madagascar se sont créées entre 1970 et 1990, en réponse à la politique de malgachisation. Régies par l’ordonnance du 3 octobre 1960 et le décret du 29 janvier 1964 sur les associations, les Alliances Françaises, associations à but non lucratif, dont toutes les recettes sont réinvesties dans le développement des services proposés aux adhérents et au public en général, sont dirigées par un comité ou conseil d’administration bénévole élu en assemblée générale par les adhérents, et pour les grandes et moyennes Alliances par un directeur travaillant en collaboration avec le comité.

La dernière née a vu le jour en 2001, à l’initiative d’une soixantaine de personnes représentant la société civile de Morombe, qui avaient créé une association culturelle francophone et qui souhaitaient rejoindre le réseau de l’Alliance Française.

En effet, à Madagascar, pays d’héritage francophone et faisant partie de l’organisation intergouvernementale de la francophonie (OIF), le rôle et l’image de l’Alliance Française sont bien particuliers. Les Alliances ont été créées et animées par tous ceux qui souhaitaient, dans un environnement parfois peu favorable, maintenir ou développer la pratique de la langue française, mais surtout, qui ne voulaient pas que le français devienne une langue de l’élite, instrument de discrimination sociale et professionnelle. C’est pourquoi, les Alliances accueillent à Madagascar un large public d’élèves, souvent de condition modeste, mais pour lesquels les cours de l’Alliance restent accessibles, ce qui fait du réseau malgache des Alliances le premier au monde par la densité, c’est-à-dire par le nombre d’étudiants différents rapporté à la population du pays. Ainsi un malgache sur mille fréquente l’Alliance Française.
Par ailleurs, les Alliances sont le premier réseau de lecture publique du pays : elles comptent plus de 25.000 adhérents et ont enregistré, en 2004, près de 20 000 étudiants différents et plus de 300.000 prêts de livres et documents.

300 professeurs de FLE et 30 directeurs ou chargés de mission (dont 10 en provenance de l’Ile de la Réunion) complètent le dispositif.

Avec près de 6000 étudiants différents enregistrés en 2004, l’Alliance Française de Tananarive est de loin la plus importante Alliance Française d’Afrique et de l’Océan Indien.

Il est intéressant de noter que 3 Alliances Franco-Malgache se trouvent parmi les 10 plus gros établissements de cette même zone géographique.

Contexte géopolitique

Les Alliances Françaises de Madagascar, au nombre de 30, couvrent l’ensemble du territoire malgache. Ces structures autonomes, toutes créées par des initiatives locales de la société civile malgache, ont pour mission d’œuvrer au développement de la langue française, de la lecture publique et des activités culturelles malgaches et francophones.

Elles jouent à Madagascar un rôle tout à fait original, dans la mesure où le français est langue d’enseignement, langue de l’administration et langue de travail des entreprises.

Du fait de la malgachisation de l’enseignement mise en œuvre des années 1970 au début des années 1990, les besoins de formation en français sont considérables, et les demandes de formation auxquelles les Alliances Françaises doivent répondre proviennent d’une part des ministères et des structures institutionnelles, des élus et des administrations, des associations et des ONG, et d’autre part des entreprises et d’un très large public (presque 20 000 étudiants par an) pour lequel le français est un outil indispensable dans toute perspective d’intégration sociale et d’évolution professionnelle.