«Que la Francophonie, en ce 20 mars 2008, soit au coeur de toutes celles
et
de tous ceux qui partagent notre langue, nos valeurs, notre volonté d’un
avenir meilleur, pour nous-mêmes, et pour l’ensemble de la communauté humaine.
Que cette Journée internationale
de la Francophonie soit l’occasion de célébrer
la Francophonie au coeur de la diversité culturelle
que nous symbolisons, que nous revendiquons et que
nous défendons comme un droit fondamental.
La Francophonie a joué un rôle décisif à l’Unesco
pour que soit adoptée la Convention sur la protection et la promotion
de la diversité des expressions
culturelles. Plus de la moitié des Etats liés à cette
Convention sont membres de notre organisation. Soyons plus ambitieux encore
! Fixons-nous l’objectif de voir la totalité de nos Etats et
gouvernements adopter cette convention et
déposer leurs instruments de ratification avant la tenue du prochain
Sommet de la Francophonie, à Québec, en octobre 2008, afin
d’offrir au monde le gage de notre force de conviction.
C’est là notre vocation
profonde, parce qu’à travers la langue
française, nous fêterons, vous fêterez,
en ce 20 mars, sur tous les continents, la rencontre
fécondante de toutes les cultures. Cette diversité, vous la
mettrez en musique et en chansons, vous l’écrirez en vers et
en prose, vous la vivrez comme autant de rendez-vous privilégiés
avec la culture de l’universel, avec la culture du donner et du recevoir.
C’est là notre vocation
profonde parce que militer en faveur de la diversité
culturelle, c’est aussi faire le choix de relations entre les peuples,
fondées sur l’ouverture, le respect, la tolérance, fondées
sur la reconnaissance de l’autre dans sa différence, mais aussi
dans sa ressemblance, dans la mesure où
chaque homme porte en lui-même la forme entière de la condition
humaine.
C’est aussi faire le choix d’une certaine conception de la solidarité et
de la
coopération internationale en faveur du développement durable,
une coopération menée dans un esprit de partenariat, conçue
et déployée dans le long terme, bien loin des intérêts
stratégiques ou économiques du moment. C’est aussi faire
le choix d’une certaine conception de la solidarité et de la
coopération internationale en faveur de la démocratie et de
la paix, une coopération mise en œuvre en amont et en aval des
situations de crise, conduite dans le respect des valeurs
universelles, des droits de l’homme et de la responsabilité de
protéger, mais, dans le même temps, animée d’une
volonté d’écoute et de dialogue, seule à même
de favoriser l’expression et l’appropriation de formes démocratiques
nourries des réalités historiques, sociales et culturelles.
C’est, enfin, faire le choix d’une certaine conception de la
gouvernance mondiale, une gouvernance fondée sur la démocratisation
des relations internationales, sur la régulation de la
mondialisation, sur une éthique universelle, une gouvernance au service
d’une gestion partagée et équitable des biens communs
de l’humanité.
Que cette Journée internationale
de la Francophonie soit l’occasion de réaffirmer
ces convictions et ces valeurs, au nom de la langue
française qui nous
rassemble et qui nous unit».
Abdou DIOUF,
Secrétaire général de la Francophonie